Double Je

« Qui suis-je ? Vous êtes vous ne serait-ce qu’une fois déjà posé la question ? Essayer de cerner le concept de l’identité dans son ensemble peut être malaisé, tant il est multidimensionnel et évolutif. Mais, tenter de s’arrêter et réfléchir sur soi, prendre un instantané de ce qui nous compose maintenant, faire des allers-retours sur la couche de sédimentation qui a fait ce que nous sommes aujourd’hui, ça, c’est possible. Choisir ce que nous voulons dire sur soi et comment, voilà le but de ce projet. Et c’est l’exercice auquel s’est prêtée la classe de 10VP2 de l’École de Béthusy à Lausanne, et leur enseignante d’arts visuels, Sabina Mettraux. En collaboration, il a fallut revisiter l’autoportrait sans la contrainte du figuratif, comprendre et analyser ce que d’autres artistes ont voulu exprimer avec leurs autoportraits, puis à notre tour, chercher les éléments et les techniques qui nous correspondent. Une bagatelle, me direz-vous ! Et pourtant, ça a pris du temps, de fouiller, d’analyser et de produire quelque chose qui correspondait à chacun des participant. Le temps investi en valait la peine, car les résultats sont magnifiques. Nous vous laissons juger.

Voici notre projet « Double Je »

Que nous vous laissons découvrir avec une sélection de quelques uns des résultats des élèves de la 10VP2 qui nous ont, avec l’accord de leurs parents, aimablement donner leur autorisation de publication. Et cela va sans dire, un grand merci aux élèves d’avoir brillamment joué le jeu.

 

Elliot

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Florine

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Jessy

« L’expression de mes passions fut le réel but de mon dessin. Et j’ai adoré travailler avec Mme André. »

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Juliette

« J’ai bien aimé dessiner sur l’identité, cela représente un peu notre vie et on a pu la partager avec les autres. »

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Ruben

« J’ai trouvé ce projet super important, car j’ai pu « raconter » mon passé, mes moments difficiles et aussi mes passions. Un projet comme celui-ci peut aider beaucoup d’adolescents qui passent des moments moins bons. Avec ce projet j’ai pu découvrir aussi les autres, à les connaître autrement. Mais, aussi, il nous a pris beaucoup de temps. »

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Et sans oublier, le témoignage de Sabina Mettraux, leur enseignante

« Ce que j’ai apprécié, c’était le fait d’être trois personnes à interagir avec les élèves durant la durée du projet. C’était vraiment bien d’avoir trois regards différents sur les dessins, d’avoir trois personnes qui conseillent un élève, et il y avait une énergie quand même extraordinaire d’être plusieurs intervenants. Du coup, nous avons aussi pu laisser des fois aller le bruit, nous nous sommes moins occupés, de la discipline. J’ai pu, pour le coup,  être à disposition surtout pour les aider à dessiner les choses qui étaient plus difficiles. Ce qui était très intéressant pour moi aussi, c’était d’avoir quelqu’un qui a amené une introduction théorique, qui était différente de ce que je faisais d’habitude et qui allait un peu plus loin dans l’histoire de l’art elle-même. Je pense que cet élément a apporté quelque chose aux élèves.

A mon avis, un autre aspect qui était motivant dans le projet, c’est que les élèves ont tenu plus longtemps sur un travail. Des fois, ils se lassent plus vite et ne vont pas vraiment jusqu’au bout, au point de devoir parfois insister lourdement pour qu’ils finissent. Tandis que là, je trouve qu’ils ont fait preuve de patience. Voir que nous travaillions ensemble, avec tout le groupe, que nous tenions le projet à trois, et que nous étions du coup trois personnes à chaque cours pour les motiver. Ils n’avaient pas une seule personne de référence. C’était aussi enrichissant d’avoir trois regards différents et d’apprendre des nouvelles techniques. Avec trois adultes qui les motivaient, c’était plus difficile pour eux de sortir du sujet.

Le sujet quant à lui, l’identité, est primordial. Se remettre en question. À leurs âges, c’est comme une photo d’eux à un moment donné dans le temps. Ils ont dû faire cette introspection et je trouve que c’était très intéressant. J’étais surprise de voir à quel point parfois c’était difficile pour eux, et qu’ils avaient encore du mal à produire quelque chose et à prendre conscience de tout ce qu’ils avaient à l’intérieur d’eux. Mais je pense que justement, c’est là que nous les avons bien aidé et quand même un peu décoincé. »